Projet cinématographique

Mon leitmotiv est le ré-enchantement du monde pour lui redonner sens, élargir le spectre de la pensée technique pour aller vers le spectre de la pensée des mondes invisibles, du spirituel, des questionnements fondamentales qui régissent l’Homme.

J’ai un parcours hétéroclite en apparence mais j’ai toujours été guidée par une vision enthousiaste et positive, que peut représenter la couleur, point de départ de mon travail artistique. Dont le point d’accroche est la peinture que j’ai longuement pratiquée, elle m’a permis de saisir toute la subtilité de la vision sans la pensée du langage articulé. Je cherchais à me détacher de la pensée mentale pour aller vers la sensation, vers la pensée du cœur. A l’académie des Beaux-Arts de Milan, j’ai fait une première synthèse sous forme d’un dessin animé dans une optique de dépasser la couleur, lui ajoutant des formes précises et des mouvements tout en l’ancrant dans un récit. Cette fusion me plut et j’en conclu que la structure du récit était une nécessité à la création. Eprouvant le besoin de mieux cerner ce dernier pour le comprendre j’ai ajouté une dimension corporelle à mon travail de recherche. Avec le théâtre, en interprétant Jeanne d’Arc, j’ai compris une notion d’unité mais bien plus encore, le travail d’acteur ; l’incarnation ou le fait de donner vie à une histoire, qui fut une révélation.

J’ai trois axes de recherche ; la couleur, le récit, le spirituel (qu’incarne Jeanne d’Arc), ils m’ont conduit à investir le cinéma, un cinéma autant divertissant qu’intellectuel à destination du plus grand nombre.


Sur la couleur je me définirais comme (Wes) andersonienne dans une démarche plastique. Je partage le même parti pris pour une esthétique colorimétrique singulière et réfléchie qui contribue à une identité forte de l’image. Plus largement et précisément, j’aime structurer avec la couleur que je projette de façon picturale sur les objets, décors et costumes, et ainsi compose de façon passionnelle.

palette de Moon Rise Kingdom


Mon approche du récit, elle, est celle de la conteuse. Conter c’est transmettre en un acte intemporel, multidimensionnel, pour construire le monde en invitant chacun à faire l’expérience de sa conscience.

J’ai beaucoup écris, au travers de courtes fictions et fréquenté des ateliers d’écritures, pour confronter mes écrits et donner une importance aux histoires qui voguaient en moi. Au cours des ateliers j’ai rencontré Thomas, qui partage avec moi un goût pour les récits horrifiques. Nous avons écrits plusieurs mois ensembles des thrillers fantastiques ou les génocides de mouettes se mêlaient à des tueurs en séries.

Il en est de même pour Sébastien, rencontré au détours d’un cours de philosophie, une salle obscure d’une université désertée, nous discutions art et expériences des sciences sociales. Nous sommes devenus de grands amis et naturellement notre binôme d’écriture s’est mis en place par l’intérêt sensible que nous portons à chacun.

Suite à une conversation avec Sébastien ; « Mais pourquoi Jeanne d’Arc ? », j’ai pris conscience de la complexité des enjeux identitaires de mon rôle et des parallèles possibles entre l’actrice et ce personnage historique. J’ai été fascinée par Jeanne d’Arc, découvrant une femme à la foi inébranlable reliée aux mondes invisibles, elle m’a alors accompagnée dans ma quête spirituelle au travers de son époque, devenant une sorte de talisman. J’ai évidemment vu les films Jeannette et Jeanne de Dumont que j’ai énormément apprécié.

Jeanne s’est ainsi ancrée définitivement comme sujet.


Parallèlement au cinéma, j’ai crée un accompagnement avec des outils symboliques pour inviter à sa propre rencontre. Celui-ci est placé sous un angle spirituel, qui au cœur de chacune de mes démarches permet de mettre l’accent sur l’aspect « magique » du monde pour accueillir notre présence et retrouver sa profondeur et ses hauteurs.

Une cinéaste de la collaboration

Je travaille excessivement bien en petit groupe. Très sociable, j’ai néanmoins une grande timidité qui me fais préféré les relations intimes. Je pense qu’il est judicieux de renforcer ces points forts et ne pas se mettre trop en difficulté dans des projets si ambitieux que de faire un film. C’est pourquoi, le fonctionnement de création, c’est à dire en groupe avec des personnes qui me sont proche et de confiance, est ma signature de création. Les vidéos que je mets régulièrement en ligne sont un aperçut de ce que donne cette collaboration.

Thomas est un musicien passionné qui forge la timide mélomane que je suis. J’ai une grande confiance en lui et je suis certaine de son talent, il est pour moi indispensable de travailler avec lui quand à la partie audio de mes projets de cinéma.

Sébastien est un vidéaste très créatif dont les sujets et les images me fascinent, j’aime nos discussions ping pong sur l’esthétisme qui enrichissent les images de façon inattendues. J’aime sa rigueur et sa détermination qui conduisent les choses à leurs termes.

Sur le plateaux, je serai l’actrice principale, mais aussi son second de réalisateur, comme un second de commandant sur un navire, je serai un soutien et une conseillère active, mais pas une dirigeante.


Avec Sébastien nous partageons un manque irrémédiable de cadre lié à nos vies, une envie de ce dernier tout autant qu’un besoin irrépressible de l’exploser. Nous avons besoin de liberté et choisissons de mettre en scène celle-ci pour nos personnages et nos histoires qui sont des histoires de choix, des histoires radicales, des belles histoires.

Par le cinéma, nous arrivons à mettre en scène notre correspondance mais aussi nos différences. Nous créons une structure solide avec une liberté totale à l’intérieur. Le cinéma est notre ouverture optimiste pour une création salutaire.

Ce Pinterest commun donne un aperçu de notre synthèse cinématographique, deux univers qui se complètent pour une création enrichie.