Tarot et Contes de Fées

se laisser border par son intuition

Réenchanter le quotidien passe par une appropriation toujours plus vive du « monde merveilleux », pour permettre ainsi à la magie de ce dernier d’opérer.  Le tarot est un outil qui permet de jouer avec les images, mais faut-il encore nourrir ces images : la nourriture est intérieure, et l’intérieur se fonde sur les mythes et les histoires qui ont peuplé l’enfance, époque charnière de la construction de l’individu.

Au cours de mes pérégrinations dans différents groupes d’apprentissage, les cartes mineures étaient la terreur du néophyte : habitué à la figuration sous forme de personnage, la distribution presque abstraite des cartes mineures lui laisse soudainement un sentiment d’hermétisme. La différence, pour moi, est aussi vive que celle entre l’art abstrait et l’art figuratif : ce dernier apparaît de prime abord familier, sécurisant, mais l’art abstrait, par sa libération de la forme, ouvre la porte à l’imagination, décuplant ainsi les possibilités d’interprétation.

Les arcanes majeurs, souvent préférés, paraissent plus clairs. Je les associe à l’inconscient, ils ont une dynamique qui leur est spécifique. L’erreur vient souvent de la même application de décodage des majeures pour les mineures.

Je pense que les tirages uniquement réalisés avec des majeurs concernent une recherche dans les profondeurs de l’inconscient, ils ont un certain poids, ils sont donc à faire à un certain moment de sa vie, pour qu’ils gardent leur trace et réussissent à nous éclairer.

Pour les tirages plus quotidiens, plus ancrés, le jeu complet est alors de rigueur. Quand je vois ces types de tirage avec uniquement des majeurs, je ne vois plus rien, elles s’effondrent sous leur propre poids et engloutissent leurs secrets. Les mineures amènent un équilibre et une respiration, fluidifiant ainsi la lecture.

Je dirais que le tarot se divise en 3 catégories : Majeur – Mineur – Honneur.

Chaque praticien rajoute sa pierre à l’édifice du Tarot. Le pratiquant à ma manière, je vous partage une de mes méthodes pour apprendre la dynamique des mineures. Un apprentissage venant avant tout par la pratique, le tarot est là pour vous aider à vous reconnecter à votre intuition.

Pour ce qui est des cartes mineures : mon approche est une illustration par la dynamique du conte, vos images « figuratives » apparaîtront en mouvement à chaque mineure, comme des vidéos intérieures.

Pour cela, je m’appuie sur la structure narrative du conte, dont les étapes se retrouvent jalonnées par les numéros de carte.

– La situation initiale : le numéro 1

– Un évènement déclencheur : numéro 2

– Processus narratif (amorce et déroulement de la quête) souvent accompagné par des événements perturbateurs : numéro 3  

 – Ces circonstances entrainent le héros dans des péripéties : numéro 4 – 8

– Le dénouement est l’ultime quête du héros : numéro : 9

 – La situation finale résulte de cette ultime quête : numéro 10

Les quatre domaines se rapprochent de quatre expériences de la conscience :

  • Coupe : émotions
  • Denier : sensation
  • Bâton : intuition
  • Epée : raison

L’important est de comprendre la dynamique reliant les cartes et le thème qu’elles indiquent, ainsi la lecture sera fluide.  

Pour les cartes d’honneur, je les relie à des personnages clefs des contes, qui ont eu eux aussi une dynamique hybride entre un arcane majeur et un arcane mineur. Le pont entre deux mondes ; en langage psychologique l’on pourrait dire : le conscient : les mineurs ; le préconscient : les honneurs ; les majeurs : l’inconscient.