Contes de fées versus les mythes

Que signifie les contes de fées ?

« Aujourd’hui comme jadis, l’esprit de la moyenne des enfants doués d’un esprit créatif peut s’ouvrir à la compréhension des plus grandes choses de la vie grâce aux contes de fées et de là, parvenir facilement à jouir des plus grandes œuvres de la littérature et de l’art ». Bruno Bettelheim : la psychanalyse des contes de fées

Les contes de fées ont une telle densité qu’ils sont une affaire infiniment plus solide que la plupart des romans réalistes, comme il en existe pléthore, et qui ont autant de densité que des ragots, c’est-à-dire, d’historiettes n’ayant d’importance que dans un contexte et un lieu défini, titillant la curiosité par une illusion de proximité.

Mircea Eliade (historien des religion, mythologue, philosophe et romancier) définit les histoires, comme « des modèles de comportement humain, ce qui permet de donner par le fait même un sens et une valeur à la vie »

La différence entre une historiette, un ragot, et une histoire c’est la quête de sens qui conduit inévitablement à grandir sa spiritualité. Ce sont différentes formes de sagesses, qui ont fournis des notions profondes soutenant l’humanité tout au long de son existence. Je pense que les mythes, les contes de fées, les textes religieux bibliques sont des histoires fondamentales pour exercer sa connaissance de soi.

L’astrologie que je côtoie est porté davantage sur le mythe : j’ancre ma pratique du Tarot, et les formes de l’écriture, davantage vers les contes (de fées). Les deux ont pour moi une grande importance complémentaire, toutefois, il est nécessaire de bien comprendre leurs dynamiques internes pour cerner leurs différences et leurs points communs.   

extrait photographique de Moon Rise Kingdom, Wes Anderson
Le point commun : le symbolisme d’une histoire accessible pour tous.

Les mythes et les contes de fées seraient des expressions symboliques de rites d’initiations ou autres rites de passage.

Le symbole met en relation des formes avec des sens, des significations, des schémas sémantiques.  Il est par excellence le langage de la nature et de l’inconscient, c’est un langage muet qui parle au travers des rêves, des images, des formes, des sonorités, des mouvements. Le symbolisme décrit une géographie du monde des sens, car sa fonction principale est de montrer le sens qui transparaît à travers la forme qui, elle-même, véhicule une information : par exemple la forme d’une Cellule impacte son fonctionnement, et donc ses propriétés.

Le corpus mythologique est comme un livre du monde des sens, qui se compose d’histoires racontées (les dieux qui vivent ensemble et qui ont décidé de le raconter) au travers des phrases (les aventures mythiques), composées de mots (les dieux) composé de lettres (les symboles). Il en est de même pour la construction des contes de fées.

Ces histoires sont l’héritage d’une sagesse révélée sous une forme simple, directe et accessible dès le plus jeune âge : les enfants sont très réceptifs et demandeurs d’histoires. Également, l’offre constante de films et de séries nous amène à penser que l’adulte en est, lui-aussi, plutôt friand.

 Kristina Makeeva 
La différence : le verre est-il à moitié plein ou à moitié vide ?

La différence principale est qu’un mythe est pessimiste et un conte de fée optimiste.

Le mythe présente son thème de façon empathique, il est riche d’une force spirituelle ; le divin y est présent et se trouve incarné dans des héros surhumains, nommés et avec une personnalité propre, qui connaissent la transfiguration dans une vie éternelle céleste.

L’homme devient un surhomme, l’utilité du mythe est de former un surmoi (en conflit avec des actions motivées par le Ça et les désir d’auto conservation du Moi), mais les exigences qu’ils personnifient sont si rigoureuses qu’elles en sont décourageantes pour les tentatives d’un novice qui tenterait d’intégrer ce surmoi à sa personnalité.

Les contes de fée, eux, visent l’intégration du Moi qui permet une satisfaction convenable du Ça. En d’autres mots, les processus internes impliqués dans tout processus normal de croissance de l’individu sont extériorisés et deviennent compréhensibles parce qu’ils sont représentés par les personnages et les événements de l’histoire. De plus, l’anonymat du héros facilite les projections et les identifications.

Les vertus thérapeutiques du conte de fées viennent de ce que le patient trouve ses propres solutions en méditant ce que l’histoire donne à entendre sur lui-même et sur ses conflits internes à un moment précis de sa vie. Ils suggèrent avec beaucoup de subtilités comment il convient de résoudre ces conflits, et quelles sont les démarches qui peuvent nous conduire vers une humanité supérieure. L’auditeur n’est soumis à aucune exigence, ne ressent donc pas de sentiment d’infériorité, et garde espoir par la promesse d’une conclusion heureuse.

Lewis Caroll « Les contes de fées sont des explorations spirituelles, et partant les plus semblable à la vie, puisqu’ils révèlent la vie humaine comme si elle était contemplée, ressentie ou devinée de l’intérieur ». 

2 réponses sur “Contes de fées versus les mythes”

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