Voyance versus médium une explication artistique de la voyance PARTIE 3

l’intérêt de la Voyance ?

Le système de la Voyance régit pour moi la même dynamique des visionnaires et des médiums. Certains voyants sont des visionnaires, ils voient véritablement des images du futur, grâce à une capacité innée qui a par la suite été très travaillée. D’autres, une grande majorité, sont des médiums, qui ont un public restreint et un message à destination du présent. Ils sont aussi des acteurs culturels qui ré-enchantent le monde en y intégrant l’invisible. Pour cela nous devons les recompter parmi nous, les légitimer pour laisser une fenêtre moins grande au « charlatan », il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Un véritable médium adopte une attitude humble par la transmission d’un message qui nous indique la voie d’une vérité sienne et intime. L’un ne prévaut pas sur l’autre. Nous avons besoin des médiums, car ils véhiculent un message qui nous sera important pour notre vie individuelle. Les visionnaires, eux, partagent une vision avec le collectif. Le collectif est une somme d’individus, et les individus forment le collectif.

Comme dit précédemment, c’est au travers de la culture que nous pouvons construire une société qui s’humanise davantage. Il est question ici de la société que nous voulons construire, de la poursuite d’une humanité, la page d’un nouveau chapitre dont Nietzsche a essayé d’esquisser les premiers traits, celui de l’enfantement du surhumain.

La notion de « Dieu » tel que nous le concevions au Moyen Âge est morte. L’Homme de la Renaissance a déplacé quant à lui le curseur central de l’univers non plus sur Dieu, mais sur lui-même. Depuis, c’est l’agonie tragique de la spiritualité en Occident qui nous conduit à mendier celle encore un peu vivace de l’Orient. Du Mal de l’Occident, pourtant, viendra la source de la guérison, c’est cela que Nietzsche a essayé de démontrer au travers de son œuvre. Le concept fort du nihilisme qu’il y développe a souvent été présenté et compris comme une fin, quand il n’est qu’une étape morbide qui se doit d’être dépassée, surmontée, transcendée. Il est l’aboutissement logique de toutes les valeurs folles du modernisme, qui mènent à une amoralité par perte du sens des choses, et donc à un scepticisme général, sur tout et tout le monde. Le positivisme d’Auguste Comte en est le parfait exemple : pour lui, la nature intrinsèque des phénomènes n’importe tout simplement pas, seules les lois scientifiques sont légitimes pour les expliquer.

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Face à la mort de ce Dieu, ou plutôt de son concept (le « Grand Mystère »), éclot le Surhumain, l’humain en conscience, l’humain éclairé, celui qui a une véritable foi pleine d’amour, qui est emplit de responsabilité et d’espérance optimiste, et qui paradoxalement s’émancipe de Dieu pour s’ouvrir à une spiritualité plus mature.

En Occident, les polythéismes de l’Antiquité ont été remplacés par les monothéismes du Moyen-âge, puis les monothéismes du Moyen-âge ont été remplacés par le scientisme de l’ère Moderne (« tout ce qui n’est pas scientifiquement prouvé n’existe pas »). Or, aujourd’hui plus qu’au temps de Nietzsche car les atrocités belliqueuses du XXème siècle nous séparent, nous sommes confrontés à l’impasse de 400 ans d’anti-spiritualité et d’un anthropocentrisme forcené, qui nous laissent orphelins de Sens : sur ce plan, la Vie, au vu de la mélancolie ambiante et de l’égarement général, ne semble pas se suffire à elle-même.

Le « Surhumain enfanté » devra affronter ceux qui « de l’ancien monde renaissant » pensent que la mort de Dieu signifie le nihilisme (lire à ce propos Dostoïevski « Les Démons »). Nietzsche nous montre que c’est trop facile d’assassiner Dieu et de construire sur ses cendres un monde animé d’une nouvelle morale positiviste, dénuée de toute volonté de transcendance et donc résolument ancrée, arrimée, agrippée à la matérialité, comme nous pouvons le constater aujourd’hui dans la société moderne. Le surhumain de Nietzsche n’est donc pas un postmoderne mais un postindustriel, il s’émancipe de l’ère Moderne. Cette dernière se caractérise par le capitalisme tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, tendant vers un libéralisme où « le marché » et « l’économie » deviennent des entités de puissance qu’il ne faut pas « déranger », à qui il est nécessaire de faire des offrandes, des sacrifices, comme on en faisait aux Dieux sous l’Antiquité pour ne pas s’attirer leur courroux.

Le Surhumain est un franchiseur, un lutteur pour la terre, un être de volonté, un acte pur, une œuvre. C’est le guide vers une autre étape de l’histoire de l’humanité.

Forme d’un théorème de la Voyance

Je pense que nous sommes tous porteurs de message pour les uns et pour les autres, nous sommes tous reliés et en résonance. Je pense qu’il est aussi nécessaire d’être à sa juste place et de regarder avec les autres les visionnaires. Sachons aussi reconnaître une forte intuition qui nous placerait nous-même en tant que visionnaires pour les générations futures, avec des moyens qui sont propres à nos culture, époque et idée. En Art nous apprenons : l’idée impose le médium.

Pour ma part, je pense par exemple qu’un visionnaire aujourd’hui, ce n’est que mon avis de lectrice et de créatrice, se situe dans la science-fiction, le fantastique, la fantaisie. Et pour cela, je citerai un auteur qui est aussi important pour moi que Dostoïevski : Terry Pratchett. Cet auteur britannique mort il y a quelques années, au travers d’une série impressionnante de romans (les annales du Disques Monde), nous propose, avec humour et optimisme, une vision du monde réenchantée. À contre-courant d’un excès de naturalisme, la légèreté du fantastique, de la science-fiction et de la fantaisie semble superficielle. « Les derniers romans du Disque Monde ont abordé des thèmes tels que la nature de la foi, la politique, et même la liberté de la presse, mais parce que j’y ai glissé un dragon minable, on m’appelle « auteur de fantaisie » (Terry Pratchett) ».

Je pense au contraire que cette légèreté est une nécessité et n’est pas synonyme de superficialité. S’accrocher en excès à la réalité, à la matérialité, est une erreur qui amplifie la souffrance. Le monde est réduit à la société qui ramène tout à sa propre chronologie. Nous sommes inondés « d’histoires, de films, de séries » qui ne sont qu’une reproduction du drame sociétal. Pourtant, le succès de la série « Game of Thrones » dénote bien un besoin, chez beaucoup, d’évasion salutaire, pour stimuler une imagination permettant de se réinventer chaque jour.

Il est le propre des visionnaires de voir le futur et de paraître en décalage avec le présent. Aujourd’hui, la fantaisie et la science-fiction sont destinées à un public précis et réduit, mais l’Histoire nous dira si elle retiendra ces deux genres pour magnifier son passé et inspirer son présent et son futur.

Enfin, pour terminer sur une note personnelle, je suis une très grande lectrice et ce depuis mon premier mot déchiffré l’âge de 2 ans et demi. Bien que mon écriture soit lente et imparfaite, le langage est pour moi devenu une seconde nature. J’ai donc lu une quantité astronomique de livres, ayant eu la chance de vivre dans une ville-monde remplie de bibliothèques. Je suis certaine que la pratique de la lecture symbolique me place dans la catégorie des médiums, de « passeuse de message ». C’est ce que j’essayais de faire dans la peinture, mais le monde social l’entourant brouillait les ondes. À la façon des artistes, mon idée, réenchanter le monde, impose le médium, qui est pour moi l’écriture symbolique et les créatures peuplant les mondes invisibles.

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