Processus d’individuation : partie 3 : le soi

Théo Mercier, le Solitaire (détail), 2010, spaghettis, 170 x 200 x 230 cm.

Maintenant que nous avons vu les principales étapes du processus d’individuation, voyons le but : l’individualisation du moi

Le « moi » possède son propre savoir et pouvoir. Toutefois, il peut faire surgir quelque chose de plus flamboyant ; entrer en contact avec le transcendant, sans que n’interfère une doctrine ou un dogme sans nom et qui naturellement nous amène à l’archétype « Selbst », traduit par le Soi, ou soi-même.

Une fois les 4 étapes réalisées, toutes les structures de l’individu commencent à se réorganiser autour d’une nouvelle énergie, « l’archétype cosmique », qui dirige tous les processus psychiques en spirale vers le soi. Il s’agit d’une manière complètement nouvelle et différente de rencontrer notre être propre, indescriptible, qui est le plus intime de notre intimité.  

Le SOI est le pont entre le monde tangible et le monde intérieur, c’est une construction destinée à exprimer une essence non préhensile, qui dépasse notre capacité de compréhension.

Nous entrons ici dans une dimension « irrationnelle » de la vie (qui n’a pas de lien causal, contrairement à la pensée scientifique dominante), le soi est indéfini, il est une sensation à travers laquelle le moi entre en relation avec le soi dans une dynamique d’union.

Jung donne le nom Soi au « Dieu en nous », au « feu central » de notre participation au divin, c’est notre point central. Il n’est pas démontrable scientifiquement car il ne peut être vécu que dans l’intimité du cœur, il représente une notion « hors limite » du fait de sa propre transcendance.

Le Soi transfère vers un autre lieu le centre psychique, ce qui bouleverse en la renouvelant complètement la personnalité, et en transformant radicalement l’attitude envers la vie, car une nouvelle conscience émerge ou l’objet et le monde extérieur sont dans une relation indissoluble. Non que cela signifie un arrêt définitif de la souffrance, les conflits et la souffrance sont intrinsèques à l’humain, vouloir y échapper peut conduire à la maladie, mais l’être singulier ne cède plus à la sensiblerie des événements, il est affecté dans les plans inférieurs et non dans les plans supérieurs. Dans ce que les anciens appelaient « la force d’âme », que l’on pourrait traduire aujourd’hui en « force morale ».

Cette dernière donne la force de nager à contre-courant des valeurs collectives. La cohérence avec le Soi étant plus forte que la volonté de satisfaire autrui et ses désirs sur ses propres actions.

Il est alors possible de vivre en harmonie avec le cosmos, de vivre une fraternité mystérieuse avec les animaux et les dieux, les cristaux et les astres. Peu sont nombreux à franchir cette étape, car « ce sentier est aussi étroit que le fil de la lame ».

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s