Pyramide de Maslow et connaissance de soi

Comment comprendre la pyramide de Maslow en la réactualisant ?

«Il y a plus de deux mille ans,
Platon concluait déjà que la tâche
la plus difficile consiste à se
connaître soi-même. Cette vérité
doit être continuellement
redécouverte; ses implications sont
loin d’avoir été pleinement
réalisées.»
Edward Twitchell Hall (1914 -2009)

La pyramide de Maslow : définition par la psychologie sociale :

La psychologie, telle que nous la connaissons et telle qu’elle est enseignée, est très imprégnée d’une pensée pragmatique nous venant des Etats-Unis. Sa naissance contemporaine remonte à la fin de la seconde guerre mondiale, et elle connut son apogée dans les années 60.

La pensée pragmatique inhérente à la psychologie se présente comme une solution plus rapide et efficace que l’ancienne psychanalyse, cette dernière étant à l’époque présentée comme source principale du soin psychique. Le nouvel avantage de la psychologie réside dans une immédiateté de la guérison des symptômes ; toutefois, ne pas guérir le mal à la racine tend à le voir réapparaître parfois plus fortement encore que le trouble qui fut soigné en tout premier lieu.

La pensée d’Abraham Maslow (1908-1970) est à l’image de la psychologie contemporaine. Psychologue américain renommé, il développa une théorie de la motivation en hiérarchisant les besoins humains sous la forme d’une pyramide : dans celle-ci, la réalisation de chaque étage est primordiale pour passer à l‘étage supérieur.

Aujourd’hui, cette pyramide est vivement critiquée, notamment sur son manque de représentation des subtilités formant la complexité de la pensée humaine : différences entre besoins et désirs, importance de la culture…

De plus, son utilisation a franchi les limites du soin psychique pour être utilisé dans les théories de management, car elle permet de façon simple, et sans nécessairement un bagage psychologique, de déterminer un cadre mercantile où positionner l’homme :  mieux connaître les besoins pour y répondre permet de vendre la nécessité.

Maslow lui-même éprouve les limites de son modèle vers la fin de sa vie, en y ajoutant une étape de plus : la transcendance, la recherche spirituelle.

Les besoins de la pyramide sont :

Besoins physiologiques : manger, boire, dormir

Besoins de sécurité : dormir sous un toit, avoir un toit, avoir des ressources financières et affectives.

Besoin d’appartenance : groupe social, ethnie, qui suis-je socialement ? Qui sont mes pairs ?

Besoins d’estime : je vaux quelque chose pour mes pairs, je suis admis et estimé par mon groupe.  

Besoins d’accomplissement : je fais quelque chose d’utile pour mes pairs.

Bonus : Besoins de transcendance : je cherche Dieu.

La connaissance de soi :

Ce dernier besoin pointe ici la connaissance de soi, qui nécessite une certaine stabilité psychique : il est en effet difficile de faire face à soi sans céder au chant des sirènes de la valorisation sociale.

Cette lucidité objective au possible, juge et parti, permet de se sentir authentique dans sa propre vie, et d’ainsi faire des choix qui nous correspondent véritablement, réduisant de fait l’anxiété due au décalage entre ses aspirations profondes et les aspirations sociétales. Ainsi, nous entrons dans ce que Jung appelle le processus d’individuation (sujet d’un prochain article).

La connaissance de soi trouve des appuis spirituels dans la culture occidentale, qui est une lecture gnostique de la Bible (pour rappel, la Gnose est une philosophie qui conçoit que par la connaissance arrive le divin). Cette quête du divin au travers de l’étude des textes sacrés ne se trouve pas être une des formes du prosélytisme chrétien, mais plus une proposition différente au spirituel, permettant de trouver des réponses sur le sens, et de contrer ainsi le danger d’un individualisme chaotique,

Jung fait un rapprochement entre l’effondrement du christianisme et l’effondrement du monde romain : la désorientation spirituelle faisant suite au déclin du paradigme, dans chacun des cas, conduisit l’Autorité à lutter à la fois contre ses ennemis déclarés, et contre la redondance de pensées irrationnelles (pensées magiques) au sein de sa population, qu’elle avait pourtant elle-même prodigué dans ses débuts. Dans les deux situations, il a donc fallu valoriser le rationalisme de l’esprit humain pour se maintenir. Dans le cas de l’effondrement du christianisme, cette dynamique nous a conduit à une rationalisation extrême, autant de la raison que de l’intellect, détruisant de fait toute porte de sortie vers l’irrationnel, et conduisant en guise de finalité à une croyance aveugle dans le scientisme. Paradoxalement, c’est en redécouvrant les textes sacrés de notre tradition chrétienne avec le prisme de la psychologie que nous pouvons y puiser une ressource nouvelle pour le spirituel.

2 réponses sur “Pyramide de Maslow et connaissance de soi”

  1. Bonjour
    Merci beaucoup à vous pour cet article
    J’ai découvert la pyramide de MASLOW effectivement lorsque j’étais en activité professionnelle pour un employeur et sans le « sixième étage » 🙂 et c »était effectivement à des fins d’optimisation managériale 😦
    C’est un peu comme la théorie de la relativité… elle permet le meilleur et le pire (la bombe atomique)…L’outil quelque qu’il soit est indifférent en soi, c’est à chacun de nous de l’utiliser pour le meilleur et non pour le pire
    Et puis la symbolique de la pyramide est si riche… après les égyptiens, les mayas.. c’est bien que l’homme « moderne » ait sa pyramide aussi 🙂
    Je trouve la pyramide de MASLOW encore plus juste aujourd’hui alors que j’avance en âge et – peut-être – en sagesse et que je peux me consacrer à mon activité d’autoentrepreneur librement choisie… elle me permet d’apprécier et de relativiser mes conditions de vie et celles de mes pairs pour mieux me situer et mieux les comprendre
    Elle (je vous cite) « permet de se sentir authentique dans sa propre vie, et d’ainsi faire des choix qui nous correspondent véritablement, réduisant de fait l’anxiété due au décalage entre ses aspirations profondes et les aspirations sociétales ». Oui cela me paraît si juste 🙂 et j’ai cette chance aujourd’hui et ainsi je me permets de commencer à espérer regarder « dans les yeux » le « sixième étage » de la fusée qui me mènera dans les étoiles 🙂

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    1. Merci beaucoup pour ce partage d’expérience, et vos mots si positifs et plein d’espérance ! Je vois que la pyramide est encore d’actualité si on sait la lire avec un œil moderne, le lien avec le motif même de la pyramide a quelque chose d’effectivement enraciné plus profondément qu’il n’y paraît dans l’histoire de l’humanité ! 🙂

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