Synchronicité

Synchronicité et Paracelsica (1952) & Les racines de la conscience (1953) C. G. Jung

Le Tarot, l’Astrologie et même la Chirologie trouvent leurs sens dans l’enracinement qu’elles ont de commun à la notion de Synchronicité développée par Jung. Ce terme psychologique définit la réception dans la psyché des événements par leurs associations de sens, et non par leurs associations causales.

La psyché naturelle a une essence mystérieuse, elle nous permet de percevoir et de connaître le monde sans avoir conscience d’elle-même.

De prime abord, tout semble être causal. Pourtant, nous fonctionnons parfois de manière associative comme le montre l’exemple de la lecture : l’origine graphique des lettres importe peu, toutefois, bien qu’arbitraire nous y avons mis du sens, ce qui nous permet de communiquer. Nous associons la lettre A, au son A et à la forme A ; qui a un sens dans notre langue française mais qui n’aura pas les mêmes associations dans la langue anglaise.  

Pour replacer dans un contexte psychologique, il s’agit ici d’associer un événement extérieur qui répond à un questionnement intérieur. L’histoire retient l’exemple du scarabée d’or.

Lors d’une séance difficile, avec une patiente un peu trop rationaliste, Jung tente d’avancer en cherchant un indice par les rêves. Il lui demande alors de raconter un rêve qui lui a laissé une impression particulière. Cherchant, elle finit par lui en confier un dans lequel elle reçoit un scarabée d’or. Au même moment, le bruit d’un minuscule choc à la fenêtre interrompt le récit. Jung ouvre la fenêtre et saisit l’insecte, à l’origine du bruit. Il se retourne et ouvre sa main : « Le voilà votre scarabée ! ». Le choc s’empare de la patiente : quelles étaient les chances que cela puisse arriver ? Choc salvateur car il provoqua un déblocage mental qui aida la thérapie à avancer.  

Il s’agit ici de relier les coïncidences qui nous paraissent étrange car chargées de sens pour nous, et dont la probabilité d’arriver était assez faible. Lorsque cette dernière survient, en l’espace de quelques secondes, un choc s’empare de nous suivi d’un sentiment d’unité avec le grand tout.

Jung justifie cet aspect a priori naïf de voir la vérité ultime dévoilée par une manifestation de l’inconscient par l’écart entre la conscience et l’inconscience. En effet, la pensée inconsciente n’est ni apprise, ni soumise à l’arbitraire, et est parfois si probante par son recours aux images primordiales, archétypes, qu’elle influence grandement nos actes de pensées et conceptions, même celle qui concernent la Science.

La conscience, quant à elle, profite d’une autonomie vis-à-vis de la psyché inconsciente, qui la mène toutefois à une dépendance aux mots qu’elle crée et grâce auxquels elle croit avoir saisi une réalité. Par ce travail de « discrimination », l’image du monde se trouve décomposée en une multitude de détails qui entraîne la perte du sentiment originel d’unité, ne laissant que la vision d’une réalité incomplète : la conscience, par une perte de l’instinct, se retrouve en plein refoulement des facteurs psychiques irrationnels.

Néanmoins, lorsque cet instinct est accepté et qu’a lieu cette drôle de discussion avec cet inconscient collectif qui se penche sur notre problématique psychique, le sentiment est tel qu’une recherche vers lui peut s’entamer : c’est ainsi que l’on y voit la vision de la recherche spirituelle, de la création artistique, ou bien encore celle des états mystiques (voir ici les écrits des Saints et des Saintes, sur lesquels je reviendrais plus amplement dans un prochain article).  

En remontant le fil d’Ariane que représente cette théorie, nous pouvons proposer une autre vision de l’homme et de son environnement. Et si nous étions liés de façon acausale au grand tout ? Et s’il n’y avait pas systématiquement de causalité qui nous aveugle parfois dans un rationalisme tant dénué de poésie qu’il mène vers des accès de nihilisme mélancolique ? Et si cette idéologie rationaliste contemporaine qui tend à s’imposer par « le feu et le glaive » au travers d’une foi intransigeante en la raison et l’intellect, rivalisant presque avec l’Inquisition, était surpassée ?

En admettant la théorie de la synchronicité, les liens acausaux qui nous relient au cosmos, nous pourrions admettre des discussions plus vives sur des notions de karma et approfondir d’avantage les récits d’expériences mystiques, pour nous enrichir et nous guider sur le chemin de l’impalpable, l’invisible. Cette ouverture nous amènerait à reconsidérer les mystères de la vie en nous donnant accès à une réalité intemporelle et spirituelle, transcendant le monde des formes et phénomènes qui nous maintiennent dans la causalité.

C’est au travers du Tarot, de l’Astrologie et de la Chirologie que ces moments de synchronicité se révèlent, apportant une idée nouvelle mais qui a du sens pour celui à qui cela est destiné. Le sens est ici primordial, car il conduit à l’authenticité, à exprimer ce que nous sommes avec sincérité ; transformant les rapports entretenus avec soi et le monde en profondeur.  

Unus mundus, monde unifié, réalité unifiée de laquelle tout émerge et tout retourne. Jung.

2 réponses sur “Synchronicité”

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